START
18013.gif (2124 octets)

18009.gif (2101 octets)

START TABLE
Le nombre de Reynolds


Introduction: C'est Reynolds, un ingénieur anglais spécialiste de l'hydrodynamique qui a introduit ce nombre qui porte son nom et qui est constamment utilisé dans les calculs. Il est fonction de trois paramètres : La corde de l'aile "l", la vitesse relative "V" de l'avion par rapport à l'air et de la viscosité cinématique du fluide "n".
 

V en m/s (1m/s = 3,6 km/h)
l en m
n en m²/s

Tant que les conditions atmosphériques sont normales, la viscosité cinématique du fluide reste constante égale à 0,0000145m²/s
 

Exemples:

Un planeur à une largeur d'aile constante égale à 23 cm et vole à 40 km/h ;quel est le nombre de Reynolds correspondant ?

‚Un planeur a une aile à extrémités trapézoïdales dont les dimensions sont données (Fig.1); la vitesse est de 40 km/h, calculer la répartition des nombres de Reynolds le long de l'envergure.

La corde variant le long de l'aile, le nombre de Reynolds ne sera pas constant sur toute l'aile; il sera constant sur la partie rectangulaire et variera linéairement le long de la partie trapézoïdale.

nombre de Reynolds sur la partie rectangulaire:
Re =  x 68 000 x 0,23 = 174 000
nombre de Reynolds au niveau du bord marginal:
Re =  x 68 000 x 0,15 = 113 000

Répartition le long de l'aile:


 
 
 

Influence du nombre de Reynolds sur les caractéristiques

Introduction: le nombre de Reynolds étant proportionnel à la vitesse et à la corde de l'aile, on voit que nos modèles réduits volent à des nombres de Reynolds beaucoup plus faibles que les planeurs grandeur.
On peut voir des ordres de grandeurs dans le tableau ci-dessous:
 
 

Corde (m) Vitesse (m/s) Nombre de Reynolds Type d'appareil
0,25 15
250 000
avion modèle réduit
1,50
25
2 500 000
avion réel genre Rallye
0,24
12
198 000
emplanture de 4m modèle réduit
0,10
12
82 000
saumon de 4 m modèle réduit
1,00
25
1 720 000
emplanture vrai planeur
0,40
25
689 000 
saumon vrai planeur

Pourtant certains profils sont utilisés aussi bien en modélisme qu'en aviation grandeur (NACA, BERTIN, WORTMANN...). Leurs caractéristiques varient sensiblement lorsque le nombre de Reynolds change   (lorsque Re ø, Cz ø par exemple).
Pour cette raison, les polaires disponibles concernant ces profils ne sont pas toujours utilisables pour les modèles réduits car elles ont été tracées à  des Re de plusieurs millions qui caractérisent le vol grandeur.
Il faut donc se méfier et bien vérifier que les polaires sur lesquelles vous prélevez des valeurs sont tracées à des nombres de Reynolds correspondant bien aux vitesses de vol de votre planeur.
On ne connaît que peu de mesures effectuées en soufflerie pour les petits nombres de Reynolds (10 000 < Re < 100 000). Dans ce domaine, les coefficients aérodynamiques des profils sont fortement dépendants du nombre de Reynolds et, donc, jusqu'à présent ne peuvent être déterminés qu'expérimentalement. Dans les applications techniques, ces nombres de Reynolds se présentent dans le cas de petits ventilateurs ou à régime lent (climatisation), de compresseurs et de turbines de réacteurs à grande altitude, dans la partie de basse pression de turbine à vapeur, et, ce n'est pas le moindre domaine, dans le modélisme aujourd'hui très développé. En général, on utilise des profils qui en réalité ont été conçus et mesurés pour des nombres de Reynolds plus importants. En outre, il existe toute une série de profils calculés théoriquement. Pour permettre une possibilité de comparaison des performances de ces profils dans le domaine des nombres de Reynolds critiques, des mesures polaires sur une série de profils ont été effectués dans la soufflerie de l'Institut d'Aérodynamique de l'Université de Stuttgart et sont rassemblées dans le recueil "Profilpolaren für den Modellflug" de Dieter Althaus paru aux éditions Neckar.
Dans cet ouvrage figurent les polaires, coordonnées et silhouettes de quelques 45 profils usuels, ce qui permet d'effectuer des comparaisons sérieuses; en effet, il ne faut pas comparer les caractéristiques de profils extraites de polaires prises ici et là dans la littérature modéliste car ces polaires n'ont pas toutes été tracées à partir d'essais effectués dans une même soufflerie, comme c'est le cas pour le recueil cité plus haut, ce qui est gênant car aux faibles nombres de Reynolds, certaines souffleries donnent des résultats très approximatifs; le recueil cité plus haut, étant donnée la vaste étude effectuée dans la seule soufflerie de Stuttgart est l'ouvrage à posséder pour pouvoir choisir un profil correctement.
 
 
 

Influence du nombre de Reynolds sur Cz maxi :

On voit sur la (fig.2) l'influence du nombre de Reynolds sur le Cz maxi des profils Clark Y, NACA 0012, Eppler 205, NACA 23012, NACA 4412, Göttingen 796 et 623.

On constate donc que les caractéristiques de portances s'améliorent avec le nombre de Reynolds. On constaterait de même en traçant les courbes ()mini  (finesse mini) et ()mini  (vitesse de chute mini) en fonction du nombre de Reynolds que la finesse s'améliore et que la vitesse de chute diminue si l'on augmente le nombre de Reynolds.
On pourrait donc croire qu'il faut voler au plus grand nombre de Reynolds possible en augmentant la corde de l'aile ou la vitesse de vol; mais en fait, alors que les caractéristiques du profil s'améliorent en augmentant Re, celles de l'aile ne suivent pas les mêmes variations à cause des phénomènes d'écoulement autour de l'aile pour lesquels l'augmentation du nombre de Reynolds par augmentation de la corde par exemple peu être néfaste (voir à ce sujet le chapitre sur l'allongement).

Le nombre de Reynolds  critique:

En dessous d'une certaine valeur du nombre de Reynolds, le coefficient de résistance d'un corps augmente soudain considérablement, alors que le coefficient de portance diminue très rapidement. Pour les profils d'ailes, cela se traduit par une diminution brutale des performances; ceci peut être visualisé sur le diagramme qui en (Fig.3) représente le rapport ()maxi qui traduit la finesse maxi du profil en fonction du nombre de Reynolds.
Cette chute des caractéristiques est très visible en particulier sur la courbe du profil FX-M2 en dessous d'une valeur de Re=80 000 qui sera donc le nombre de Reynolds critique pour ce profil.

On comprend que lorsqu'une aile vole à Rec (nombre de Reynolds critique) ou en dessous, ses performances sont nettement diminuées.
Le Rec varie pour chaque profil et est fonction de la forme du profil mais surtout de son épaisseur relative. Plus l'épaisseur relative du profil est importante, plus le Rec est grand, donc plus il faudra voler vite ou agrandir la corde (le nombre de Reynolds leur est proportionnel) pour voler au dessus de Rec.
A cause de Rec, on recommande souvent une corde d'aile minimale en fonction de la vitesse de vol moyenne du modèle. Ceci permet de se situer au dessus de Rec et d'éviter tous ces problèmes et de conserver des bonnes performances pour le modèle.
Le Rec peut influer sur le choix d'un profil : on ne mettra pas un profil ayant un Rec élevé sur un planeur thermique qui doit parfois voler lentement.
On constate que le profil type plaque creuse est supérieur pour de faible valeurs de Re (voir Fig.4).

Ceci est dû au fait que le bord vif à l'avant produit une turbulence dans la couche limite ce qui évite le décollement prématuré de celle-ci.
Il est possible d'introduire de semblables perturbations sur nos modèles pour adapter nos profils aux faibles nombres de Reynolds. C'est ce qui à été réalisé depuis longtemps en vol libre grâce à l'emploi de "turbulateurs" dont il existe deux types de base:

  • Le premier est le fil dit de "préturbulence" placé à l'avant du bord d'attaque; il rend l'écoulement libre turbulent lequel crée à son tour une turbulence dans la couche limite.
  • Le deuxième procédé consiste à rendre instable la couche limite elle-même par différents moyens : rugosité de surface(par exemple, papier abrasif collé à proximité du bord d'attaque sur l'extrados), fil collé avant le point de transition et perturbant la couche limite, donnant assez d'énergie cinétique aux particules d'air pour ne pas être aspirées par la dépression de l'extrados, provoquant ainsi le décollement de la couche limite.
C'est ce qui à été expérimenté dans le cas de la (Fig.5) où l'on voit des polaires caractérisant l'Eppler 193 avec ou sans turbulateur (respectivement courbes en traits continus et courbes en traits discontinus) à différents Re.
Le nombre de Reynolds critique de ce profil es t approximativement Rec = 100 000 et on voit que, pour des nombres de Re inférieurs à 100 000 (ici pour 60 000 et 80 000), les caractéristiques sont supérieures avec turbulateur.
Au dessus de 100 000 (ici 150 000), le turbulateur est nuisible.

Remarque: la couche turbulente trouve une nouvelle application pour de plus grands nombres de Reynolds pour l'emploi de volets de courbure en empêchant le décollement de la couche limite à proximité de l'angle dièdre produit par la déflexion du volet.
 

SEPARATION

[:: Designed by LPP37 ::]

END TABLE
END